La bouillie bordelaise garde une place particuliĂšre dans les potagers français : ce mĂ©lange Ă base de cuivre est connu pour freiner le mildiou, maladie redoutĂ©e des tomates lorsque chaleur, humiditĂ© et feuillage dense se rencontrent. Son efficacitĂ© ne dispense pourtant ni dâobserver les plants ni de doser avec retenue. Une tomate vigoureuse, bien espacĂ©e et arrosĂ©e au pied aura toujours besoin de moins de traitements quâun plant constamment humide et fragilisĂ©.
Le bon rĂ©flexe consiste Ă considĂ©rer ce produit comme une protection ponctuelle, et non comme une routine hebdomadaire. La bouillie bordelaise agit par contact : elle forme un film protecteur sur les feuilles, sans circuler dans la plante. Elle est donc surtout utile avant lâinstallation de la maladie ou dĂšs ses tout premiers signes. Au potager, la prĂ©cision du geste compte autant que le choix du produit : une solution bien prĂ©parĂ©e, une mĂ©tĂ©o favorable et une frĂ©quence limitĂ©e permettent de prĂ©server la rĂ©colte sans surcharger le sol en cuivre.
Envie de mieux vivre l’habitat ? VoilĂ ce qu’il faut retenir :
| RepĂšre | Ă retenir pour les tomates |
|---|---|
| â Dosage prĂ©ventif | 10 g de bouillie bordelaise par litre dâeau suffisent gĂ©nĂ©ralement sur des plants sains. |
| â FrĂ©quence raisonnĂ©e | Un passage tous les 15 jours environ en pĂ©riode humide, et seulement si le risque est rĂ©el. |
| â ïž AprĂšs une forte pluie | Une pluie dâenviron 20 mm peut lessiver une part importante du film protecteur : réévaluer la situation avant de traiter. |
| đ Avant rĂ©colte | Respecter un arrĂȘt dâau moins 21 jours avant de cueillir les tomates. |
| đ± PrioritĂ© durable | AĂ©ration, paillage et arrosage au pied rĂ©duisent concrĂštement le besoin de cuivre. |
Bien doser la bouillie bordelaise sur les tomates pour protéger sans brûler
Pour la tomate, le dosage nâest pas une affaire dâapproximation. Les feuilles sont larges, fines et trĂšs exposĂ©es ; un mĂ©lange trop concentrĂ© peut laisser des marques, ralentir la croissance des jeunes pousses et apporter inutilement du cuivre au sol. Dans un potager familial, 10 g de poudre par litre dâeau reprĂ©sentent une base prĂ©ventive prudente lorsque les plants sont installĂ©s et que la mĂ©tĂ©o annonce une pĂ©riode humide.
Cette dose convient aux tomates cultivĂ©es en pleine terre, en bac profond ou sous un abri suffisamment ventilĂ©. Elle permet de dĂ©poser un voile lĂ©ger sur le feuillage, sans rechercher une coloration bleue intense. Une pulvĂ©risation qui dĂ©gouline nâest pas plus protectrice : elle gaspille le produit, souille les fruits et augmente les Ă©coulements vers la terre. Le bon rĂ©sultat se reconnaĂźt Ă un film fin, rĂ©parti sur les deux faces des feuilles, les tiges et les zones basses les plus exposĂ©es aux Ă©claboussures.
Adapter la concentration Ă la pression du mildiou
La bouillie bordelaise ne guĂ©rit pas une tomate dont le mildiou a dĂ©jĂ largement colonisĂ© les tissus. Elle limite surtout la germination des spores Ă la surface. Quand le potager est sain mais que plusieurs jours chauds et pluvieux sâannoncent, 10 g/L restent adaptĂ©s. Si les premiĂšres taches brun-vert, irrĂ©guliĂšres et humides apparaissent sur quelques feuilles, une intervention rapide peut justifier une concentration de 12 Ă 15 g/L, Ă condition de retirer dâabord les parties manifestement atteintes.
DĂ©passer cette dose sur des tomates nâest pas une rĂ©ponse automatique. Les conseils Ă©voquant 15 Ă 20 g/L concernent parfois des usages ou des formulations spĂ©cifiques ; lâĂ©tiquette du produit achetĂ© reste la rĂ©fĂ©rence obligatoire. Les autorisations, les concentrations en cuivre mĂ©tal et les cultures visĂ©es peuvent varier dâune marque Ă lâautre. En 2026, la logique la plus cohĂ©rente reste simple : employer la dose homologuĂ©e la plus basse qui soit utile dans la situation observĂ©e.
Le cas de Lucie, qui cultive huit pieds prĂšs dâun mur clair, lâillustre bien. AprĂšs trois jours de pluie, elle a voulu « renforcer » sa protection avec une dose doublĂ©e. Les jeunes feuilles ont prĂ©sentĂ© des bords brunis, alors mĂȘme que le mildiou nâĂ©tait pas installĂ©. LâannĂ©e suivante, elle a choisi des plants plus espacĂ©s, un paillage Ă©pais et une dose prĂ©ventive de 10 g/L seulement lorsque le risque mĂ©tĂ©o le justifiait. Le feuillage est restĂ© plus net, et les interventions ont diminuĂ©.
Préparer une solution homogÚne sans improviser
Une balance de cuisine dĂ©diĂ©e au jardin est prĂ©fĂ©rable Ă une cuillĂšre : selon la finesse de la poudre, une cuillĂšre bombĂ©e ne donne jamais un poids fiable. Pour 5 litres de solution prĂ©ventive destinĂ©e aux tomates, peser 50 g de bouillie bordelaise. PrĂ©voir lĂ©gĂšrement plus de liquide que nĂ©cessaire nâest utile que si toute la zone doit rĂ©ellement ĂȘtre couverte ; un reliquat ne doit pas ĂȘtre conservĂ© pour la prochaine application.
- đ§€ Mettre des gants impermĂ©ables, des lunettes fermĂ©es et un masque anti-poussiĂšre avant dâouvrir le produit.
- âïž Peser prĂ©cisĂ©ment la poudre selon le volume du pulvĂ©risateur.
- đ§ La dĂ©layer dâabord dans environ 200 ml dâeau tiĂšde, dans un rĂ©cipient en plastique ou en verre.
- đ„ Remuer avec un bĂąton en bois jusquâĂ disparition des amas visibles.
- đż ComplĂ©ter avec de lâeau froide, verser dans le pulvĂ©risateur et agiter de nouveau.
- đż Utiliser immĂ©diatement la prĂ©paration, sans stockage ni rejet dans lâĂ©vier.
Les ustensiles mĂ©talliques sont Ă Ă©viter, car le cuivre peut rĂ©agir avec certains mĂ©taux. Un entonnoir et un petit filtre limitent aussi les bouchages de buse, souvent responsables dâune pulvĂ©risation irrĂ©guliĂšre. Pour retrouver les Ă©quivalences de volume sans tĂątonner, le tableau de dosage de la bouillie bordelaise permet de prĂ©parer juste ce quâil faut selon la taille du jardin.
Une dose mesurĂ©e protĂšge mieux quâune dose renforcĂ©e : au potager, le cuivre doit rester un outil prĂ©cis, jamais un rĂ©flexe de surprotection.

à lire également :
Ă quelles heures peut-on tondre sa pelouse ?
Quand lâherbe commence Ă border la terrasse ou quâun tapis vert sâinstalle sous les arbres, la question revient toujours : Ă quelles heures peut-on tondreâŠ
Choisir la bonne fréquence de traitement tomate selon la météo et le stade des plants
La frĂ©quence dâapplication dĂ©pend moins dâun calendrier rigide que des conditions rĂ©elles du potager. Le mildiou apprĂ©cie une humiditĂ© durable, des tempĂ©ratures douces et un feuillage qui ne sĂšche pas. Ă lâinverse, une pĂ©riode chaude, sĂšche et ventilĂ©e ne justifie pas de pulvĂ©riser « par avance » chaque semaine. La bonne question nâest donc pas seulement : quand faut-il traiter ? Elle devient : les conditions favorisent-elles rĂ©ellement une contamination ?
AprĂšs la plantation, les jeunes tomates ont besoin de sâenraciner. Attendre deux Ă trois semaines, le temps que les plants repartent franchement, Ă©vite de traiter un vĂ©gĂ©tal encore fragile sans motif solide. Dans un jardin bien exposĂ©, avec des rangs aĂ©rĂ©s et un sol paillĂ©, la premiĂšre pulvĂ©risation peut nâĂȘtre utile quâĂ lâapproche dâune sĂ©quence pluvieuse. Lâobservation du feuillage, matin et soir, vaut alors mieux quâun programme automatique.
Un rythme raisonnable en prévention
Pour une solution dosĂ©e Ă 10 g/L, un intervalle dâenviron 15 jours constitue un repĂšre acceptable durant une pĂ©riode humide Ă risque. Certaines situations demandent moins : si les tomates sont sous toiture ouverte, que lâair circule et que lâeau nâatteint pas les feuilles, il est souvent possible dâespacer davantage. Ă lâinverse, une succession de pluies, de nuits douces et de brouillards peut raccourcir lâintervalle, sans descendre dans une spirale de traitements rapprochĂ©s.
Une forte pluie, autour de 20 mm ou davantage, peut enlever une part importante du dĂ©pĂŽt protecteur. Cela ne signifie pas quâil faut ressortir le pulvĂ©risateur dĂšs la derniĂšre goutte tombĂ©e. Attendre que le feuillage soit parfaitement sec, consulter la mĂ©tĂ©o des 24 Ă 48 heures suivantes et vĂ©rifier lâĂ©tat des plants Ă©vitent un passage inutile. Si une nouvelle pluie est annoncĂ©e le lendemain, mieux vaut reporter plutĂŽt que de voir le produit partir au sol.
| Situation observée | Décision adaptée | RepÚre pratique |
|---|---|---|
| âïž Temps sec et feuillage sain | Ne pas traiter systĂ©matiquement | Surveiller et maintenir lâaĂ©ration |
| đŠïž HumiditĂ© durable, plants sains | PrĂ©vention modĂ©rĂ©e | 10 g/L, environ tous les 15 jours si nĂ©cessaire |
| đ§ïž Forte pluie aprĂšs une application | Réévaluer aprĂšs sĂ©chage | Renouveler seulement si le risque persiste |
| đ PremiĂšres taches Ă©vocatrices | Retirer les feuilles touchĂ©es et intervenir vite | Suivre lâĂ©tiquette, souvent 12 Ă 15 g/L maximum |
| đ RĂ©colte proche | ArrĂȘter les applications | 21 jours avant la cueillette |
Traiter au bon moment de la journée
Le matin, une fois la rosĂ©e disparue, ou la fin dâaprĂšs-midi sont les crĂ©neaux les plus confortables. Le feuillage doit ĂȘtre sec et la tempĂ©rature comprise idĂ©alement entre 10 et 25 °C. En plein soleil, les gouttelettes peuvent accentuer le stress des feuilles ; par forte chaleur, le risque de phytotoxicitĂ© augmente. Le vent est tout aussi problĂ©matique, car il emporte le brouillard de pulvĂ©risation vers les herbes aromatiques, les fleurs ou le voisinage.
Une application rĂ©guliĂšre ne doit jamais remplacer un diagnostic. Des taches rondes et poudreuses peuvent signaler lâoĂŻdium, contre lequel le cuivre nâest pas toujours la rĂ©ponse la plus pertinente. Un jaunissement uniforme peut venir dâun manque dâeau, dâun substrat Ă©puisĂ© ou dâun excĂšs dâarrosage. Le guide consacrĂ© au traitement des tomates Ă la bouillie bordelaise aide Ă distinguer les principaux cas avant de prĂ©parer une solution.
Noter les dates, la mĂ©tĂ©o et les symptĂŽmes dans un carnet de potager change rĂ©ellement la pratique. Ă la fin de lâĂ©tĂ©, ce suivi montre souvent que les interventions les plus efficaces ont Ă©tĂ© peu nombreuses et dĂ©clenchĂ©es au bon moment. La frĂ©quence juste est celle qui suit le risque, pas celle qui remplit un calendrier.
à lire également :
Peindre une Façade : Préparation, Technique et Produits Recommandés
Repeindre une façade, ce nâest pas seulement « faire joli » : câest offrir Ă la maison une peau neuve, capable de rĂ©sister au vent,âŠ
Appliquer la bouillie bordelaise sur tomate avec un geste propre et ciblé
Le pulvĂ©risateur ne fait pas tout : la maniĂšre dâappliquer la bouillie bordelaise dĂ©termine directement sa qualitĂ© dâaction et son impact. Comme il sâagit dâun fongicide de contact, chaque surface Ă protĂ©ger doit recevoir une fine couverture. Lâobjectif est de crĂ©er un dĂ©pĂŽt rĂ©gulier, non de transformer le plant en silhouette bleue. Un matĂ©riel propre, une buse rĂ©glĂ©e sur une brume fine et une distance de 30 Ă 50 centimĂštres donnent un rĂ©sultat plus homogĂšne.
Commencer par les feuilles les plus basses est pertinent, car elles reçoivent les Ă©claboussures du sol lors des pluies. Remonter ensuite en insistant doucement sous les feuilles, lĂ oĂč lâhumiditĂ© sâattarde et oĂč les premiĂšres contaminations peuvent se dĂ©velopper. Les tiges doivent ĂȘtre couvertes, mais les fleurs ouvertes et les fruits prĂȘts Ă mĂ»rir ne sont pas des cibles Ă saturer. Pendant la floraison, mieux vaut sâabstenir : les pollinisateurs doivent pouvoir travailler sans ĂȘtre dĂ©rangĂ©s.
Réduire les éclaboussures avant de penser au cuivre
Dans un jardin pensĂ© avec soin, les gestes de prĂ©vention sâintĂšgrent naturellement Ă lâorganisation du potager. Un paillage de paille propre, de feuilles sĂšches ou de tontes correctement sĂ©chĂ©es limite les projections de terre sur le feuillage. Or le sol peut contenir des spores : lors dâune averse, elles remontent sur les premiĂšres feuilles. Ce simple Ă©cran vĂ©gĂ©tal rĂ©duit une porte dâentrĂ©e majeure pour les maladies.
Lâespacement a le mĂȘme rĂŽle. Entre deux tomates, laisser circuler lâair Ă©vite que les feuillages restent humides pendant des heures. Les tuteurs solides, les liens souples et la suppression modĂ©rĂ©e des feuilles qui touchent le sol participent Ă cette hygiĂšne. Il ne sâagit pas de dĂ©nuder excessivement les plants : les fruits ont besoin de feuilles pour se nourrir et se protĂ©ger du soleil. Le bon Ă©quilibre consiste Ă retirer les parties fatiguĂ©es, tachĂ©es ou trop proches du terrain.
- đ§ Arroser exclusivement au pied, tĂŽt dans la journĂ©e, pour que la surface sĂšche vite.
- đż Ăviter de planter tomates et pommes de terre trop prĂšs lâune de lâautre, car elles partagent le risque de mildiou.
- âïž DĂ©sinfecter les outils de taille et retirer les feuilles malades dans un sac sĂ©parĂ©.
- đȘŽ Ne pas composter les vĂ©gĂ©taux fortement atteints : les Ă©vacuer avec les dĂ©chets verts selon les rĂšgles locales.
- đŹïž Ouvrir largement les abris et serres dĂšs que la mĂ©tĂ©o le permet.
ReconnaĂźtre les erreurs dâapplication
Des gouttes qui perlent au bord des feuilles, un ruissellement bleu sur les tiges ou une solution qui coule au sol sont les signes dâune pulvĂ©risation excessive. Dans ce cas, il ne faut pas recommencer : le dĂ©pĂŽt est dĂ©jĂ trop chargĂ©. Une coloration bleu pĂąle est normale avec de nombreuses formulations, mais elle doit rester discrĂšte. AprĂšs deux ou trois jours, observer les jeunes pousses permet de dĂ©tecter une Ă©ventuelle rĂ©action : bords dessĂ©chĂ©s, taches brunĂątres ou feuillage recroquevillĂ© invitent Ă suspendre les traitements et Ă revoir la concentration.
Le pulvĂ©risateur mĂ©rite aussi une attention minutieuse. AprĂšs usage, le rincer plusieurs fois Ă lâeau claire dans un endroit oĂč les eaux de lavage ne rejoignent ni un puits, ni un fossĂ©, ni un avaloir. Les rĂ©sidus ne doivent jamais ĂȘtre jetĂ©s dans les canalisations. Garder les produits secs dans leur emballage dâorigine, fermĂ© et hors de portĂ©e des enfants, fait partie des gestes simples qui sĂ©curisent lâespace de vie autant que le jardin.
Dans les zones oĂč les Ă©pisodes pluvieux deviennent irrĂ©guliers, anticiper sans dramatiser est utile. Observer les effets des pluies Ă©parses au jardin aide Ă ajuster arrosage, paillage et protection foliaire sans traiter Ă contretemps. Un geste lĂ©ger, appliquĂ© sur un feuillage sec et bien aĂ©rĂ©, est plus utile quâune pulvĂ©risation abondante.
Limiter le cuivre au potager grùce à une prévention durable du mildiou
La bouillie bordelaise est autorisĂ©e dans certains cadres de jardinage biologique, mais cela ne veut pas dire quâelle est anodine. Le cuivre est un mĂ©tal qui ne disparaĂźt pas du sol comme une matiĂšre organique. Ă force dâapplications, il peut sâaccumuler et perturber la vie souterraine, notamment les vers de terre et les micro-organismes utiles Ă la fertilitĂ©. La dĂ©marche la plus respectueuse consiste donc Ă rĂ©duire le nombre de passages avant mĂȘme de penser Ă modifier le dosage.
Un potager robuste commence par le choix de lâemplacement. Les tomates aiment le soleil, mais elles dĂ©testent lâair confinĂ©. Les installer contre un mur peut leur apporter de la chaleur, Ă condition de conserver un espace suffisant pour la circulation de lâair. Sous serre, les aĂ©rations quotidiennes sont indispensables : une serre fermĂ©e aprĂšs une journĂ©e chaude devient vite une chambre humide la nuit, terrain favorable aux maladies cryptogamiques.
Créer des conditions moins favorables aux maladies
La rotation des cultures reste lâune des protections les plus accessibles. Ăviter de remettre des tomates ou des pommes de terre au mĂȘme emplacement avant trois ou quatre ans rĂ©duit la pression des maladies liĂ©es au sol et aux dĂ©bris vĂ©gĂ©taux. Dans les petits jardins, oĂč la rotation parfaite est difficile, renouveler la couche superficielle de terre en bac et retirer soigneusement les rĂ©sidus en fin de saison apportent dĂ©jĂ une amĂ©lioration sensible.
Le choix variétal a également son importance. Certaines tomates sont annoncées comme tolérantes au mildiou ; elles ne sont pas invincibles, mais elles peuvent mieux supporter une période humide. Mélanger plusieurs variétés plutÎt que cultiver uniquement une variété trÚs sensible répartit le risque. Pour une famille qui souhaite des tomates cerises, des tomates à sauce et quelques gros fruits de table, cette diversité est aussi une maniÚre simple de sécuriser la récolte.
Un sol vivant nourrit mieux les plantes. Du compost mĂ»r, une fertilisation raisonnable et un paillage bien gĂ©rĂ© favorisent une croissance Ă©quilibrĂ©e. Ă lâinverse, trop dâengrais azotĂ© produit souvent un feuillage trĂšs tendre, dense et plus sensible aux attaques. La tomate ne doit pas devenir spectaculaire au mois de juin pour sâeffondrer en juillet : une croissance rĂ©guliĂšre est plus prĂ©cieuse quâune exubĂ©rance fragile.
Explorer les alternatives selon le problÚme identifié
Le cuivre nâagit pas sur tous les troubles. Contre lâoĂŻdium, reconnaissable Ă son aspect farineux blanc, le soufre peut ĂȘtre envisagĂ© en suivant strictement son Ă©tiquette et en Ă©vitant les fortes tempĂ©ratures. En prĂ©vention lĂ©gĂšre, une prĂ©paration Ă base de bicarbonate, Ă raison de 5 g/L avec une petite quantitĂ© de savon noir adaptĂ©e, est parfois utilisĂ©e ; son efficacitĂ© reste modĂ©rĂ©e et nĂ©cessite des renouvellements. La dĂ©coction de prĂȘle et les extraits vĂ©gĂ©taux ne remplacent pas une protection en cas de forte pression, mais ils accompagnent utilement une conduite de culture plus rĂ©sistante.
Le plus important est dâĂ©viter les mĂ©langes improvisĂ©s. MĂ©langer plusieurs produits sans vĂ©rifier leur compatibilitĂ© peut fragiliser le feuillage ou crĂ©er une solution instable. Une bouillie bordelaise associĂ©e Ă du soufre ne doit pas devenir une habitude par dĂ©faut : chaque matiĂšre active rĂ©pond Ă un problĂšme diffĂ©rent, avec des prĂ©cautions propres. Un diagnostic sobre Ă©vite de multiplier les traitements « au cas oĂč ».
Le jardinier attentif peut aussi accepter une part de feuilles imparfaites. Quelques marques sur les plants ne condamnent pas la production si les nouvelles pousses restent vigoureuses, que les tiges sont saines et que les fruits se développent. Cette tolérance évite de transformer le potager en surface à désinfecter. La prévention la plus durable ne consiste pas à traiter davantage, mais à faire en sorte que la maladie trouve moins de place.
Respecter la sécurité et le délai avant récolte avec la bouillie bordelaise tomate
Un produit de jardin, mĂȘme courant, mĂ©rite la mĂȘme rigueur quâun produit dâentretien utilisĂ© dans la maison. La poudre de bouillie bordelaise peut irriter les yeux, la peau et les voies respiratoires. Les particules sont particuliĂšrement faciles Ă inhaler au moment du dosage, lorsque le sachet est ouvert ou que la poudre est versĂ©e dans le rĂ©cipient. PrĂ©parer dehors, loin des enfants, des animaux domestiques et de la table de jardin est un principe de base.
Le port de gants en nitrile, lunettes de protection, masque FFP2 et vĂȘtements couvrants Ă©vite les contacts inutiles. AprĂšs la pulvĂ©risation, les vĂȘtements sont retirĂ©s puis lavĂ©s, les mains et les avant-bras nettoyĂ©s soigneusement. Il ne faut ni boire, ni manger, ni fumer pendant la prĂ©paration. Ces prĂ©cautions peuvent sembler exigeantes pour quelques plants, mais elles permettent de garder un rapport sain avec le jardinage : le soin du potager ne doit pas crĂ©er de risque domestique.
ProtĂ©ger les rĂ©coltes et les ĂȘtres vivants autour du potager
Pour les tomates consommĂ©es fraĂźches, respecter un dĂ©lai de trois semaines avant rĂ©colte est une rĂšgle prudente souvent indiquĂ©e pour les usages potagers. LâĂ©tiquette du produit prime toujours si elle impose un dĂ©lai diffĂ©rent. Ă lâapproche des premiĂšres cueillettes, il est donc prĂ©fĂ©rable de basculer sur des gestes culturaux : enlever les feuilles suspectes, protĂ©ger les plants de la pluie, amĂ©liorer la ventilation et rĂ©colter rĂ©guliĂšrement les fruits mĂ»rs.
Les tomates doivent ĂȘtre lavĂ©es soigneusement Ă lâeau claire avant consommation, comme tous les lĂ©gumes du jardin. Cette habitude est utile mĂȘme sans traitement : poussiĂšres, terre, dĂ©jections dâoiseaux ou Ă©claboussures peuvent se dĂ©poser sur les fruits. En revanche, laver ne donne pas le droit de nĂ©gliger le dĂ©lai avant cueillette. La sĂ©curitĂ© repose sur lâensemble des gestes, et non sur une seule Ă©tape.
La floraison demande une vigilance supplĂ©mentaire. Ăviter toute application sur les fleurs protĂšge les insectes pollinisateurs et respecte le rythme naturel de la fructification. Si des abeilles, bourdons ou syrphes travaillent activement autour des plants, le pulvĂ©risateur reste rangĂ©. Les auxiliaires du jardin participent Ă lâĂ©quilibre gĂ©nĂ©ral : coccinelles et syrphes contribuent notamment Ă rĂ©guler les pucerons, ce qui permet dâĂ©viter dâautres interventions. Pour les rosiers, des solutions ciblĂ©es existent Ă©galement afin dâassurer une protection contre les pucerons sans dĂ©sĂ©quilibrer les auxiliaires.
Gérer les restes et suivre ses passages
La prĂ©paration doit ĂȘtre faite pour ĂȘtre utilisĂ©e le jour mĂȘme. Un reste de solution ne se verse jamais dans lâĂ©vier, les toilettes, le caniveau ou au pied dâun arbre. PrĂ©parer le bon volume est la meilleure maniĂšre dâĂ©viter cette question. Pour une douzaine de tomates, un ou deux litres suffisent souvent ; un litre de solution couvre approximativement 20 mÂČ de lĂ©gumes selon la densitĂ© de feuillage. Mieux vaut refaire un litre proprement si nĂ©cessaire que prĂ©parer dix litres par habitude.
Tenir un carnet avec la date, le dosage, la mĂ©tĂ©o et lâĂ©tat des plants aide aussi Ă respecter une frĂ©quence sans excĂšs. Cette trace permet de savoir si une application a rĂ©ellement Ă©tĂ© faite il y a douze jours ou il y a trois semaines, et dâanticiper le dĂ©lai avant les rĂ©coltes. Câest un geste simple, proche de celui qui consiste Ă noter la date dâune rĂ©novation ou lâentretien dâun matĂ©riau : ce qui est suivi dure mieux et sâemploie avec plus de discernement.
Enfin, vĂ©rifier lâemballage est indispensable. Les formulations autorisĂ©es, les cultures visĂ©es et les conditions dâemploi Ă©voluent ; seules les indications de lâĂ©tiquette du produit dĂ©tenu font foi. Au potager, protĂ©ger les tomates signifie aussi protĂ©ger le sol, les rĂ©coltes et les personnes qui les savoureront.
Quel dosage de bouillie bordelaise utiliser pour les tomates ?
Pour une protection prĂ©ventive sur des tomates saines, 10 g par litre dâeau constituent un repĂšre modĂ©rĂ©. En cas de tout premiers symptĂŽmes et seulement si lâĂ©tiquette lâautorise, un dosage de 12 Ă 15 g/L peut ĂȘtre envisagĂ©. Il ne faut pas augmenter la concentration sans raison : cela nâamĂ©liore pas automatiquement lâefficacitĂ© et accroĂźt le risque de brĂ»lure des feuilles.
à quelle fréquence traiter les tomates à la bouillie bordelaise ?
En pĂ©riode humide propice au mildiou, un intervalle dâenviron 15 jours est gĂ©nĂ©ralement suffisant pour un traitement prĂ©ventif. AprĂšs une forte pluie, il faut dâabord attendre le sĂ©chage du feuillage et observer la mĂ©tĂ©o avant de renouveler. Par temps sec et ventilĂ©, aucune pulvĂ©risation systĂ©matique nâest nĂ©cessaire.
Peut-on traiter les tomates quand elles portent déjà des fruits ?
Oui, si le produit est autorisĂ© sur tomate et que le dĂ©lai avant rĂ©colte est strictement respectĂ©. Il est prudent dâarrĂȘter toute application au moins 21 jours avant la cueillette, puis de laver les fruits Ă lâeau claire avant consommation. Ă lâapproche des rĂ©coltes, privilĂ©gier lâaĂ©ration, le retrait des feuilles atteintes et la protection contre la pluie.
La bouillie bordelaise élimine-t-elle le mildiou déjà installé ?
Elle agit principalement en prĂ©vention, car le cuivre reste Ă la surface des vĂ©gĂ©taux et freine la germination des spores. DĂšs les premiers symptĂŽmes, retirer les feuilles trĂšs touchĂ©es et intervenir rapidement peut limiter lâextension. Lorsque les tiges et de nombreuses feuilles sont atteintes, il faut surtout contenir la maladie et prĂ©server les parties saines.
Pourquoi faut-il limiter la bouillie bordelaise au jardin ?
Le cuivre sâaccumule dans le sol et peut perturber les organismes utiles, dont les vers de terre et la microfaune. Limiter les applications, respecter les doses, pailler, arroser au pied, espacer les plants et choisir des variĂ©tĂ©s tolĂ©rantes permettent de rĂ©duire nettement le recours Ă ce traitement.

